Comment faire une donation de son vivant : guide complet 2026
Transmettre un patrimoine de son vivant suppose de choisir le bon véhicule juridique, de calibrer la fiscalité et d'articuler les différents abattements disponibles. Don manuel, donation-partage, démembrement, SCI : chaque mécanisme répond à un objectif patrimonial distinct. Avec les nouveautés 2026 et le gel des abattements jusqu'en 2028, la fenêtre d'optimisation est ouverte mais bornée.

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Donation de son vivant : définition et conditions légales
Faire une donation de son vivant consiste à transférer, de manière irrévocable, la propriété d'un bien à un bénéficiaire (le donataire) qui l'accepte expressément. Contrairement au testament, la donation produit ses effets immédiatement et ne peut en principe être reprise.
Conditions requises pour le donateur et le donataire
Le donateur doit remplir trois conditions cumulatives : être sain d'esprit, être majeur (ou mineur émancipé) et posséder la capacité juridique de disposer de ses biens. Le donataire, de son côté, doit accepter la donation de manière explicite, y compris lorsqu'il s'agit d'un mineur (l'acceptation est alors formulée par son représentant légal).
Point essentiel : il n'existe aucune limite d'âge pour effectuer une donation, que le bien soit mobilier ou immobilier. Un donateur de 95 ans peut transmettre un appartement au même titre qu'un donateur de 50 ans, sous réserve de sa capacité juridique. La seule restriction liée à l'âge concerne le don familial de sommes d'argent (article 790 G du CGI), qui impose que le donateur ait moins de 80 ans.
Les biens donnables sont variés : sommes d'argent, valeurs mobilières, biens immobiliers, parts sociales, meubles, objets d'art ou droits (usufruit, nue-propriété).
Quotité disponible et réserve héréditaire
La liberté de donner est encadrée par la réserve héréditaire, part du patrimoine incompressible revenant aux héritiers réservataires (descendants, ou conjoint en l'absence de descendants). La fraction restante, la quotité disponible, constitue le plafond de ce qui peut être donné librement :
- 1 enfant : quotité disponible = 1/2 du patrimoine
- 2 enfants : quotité disponible = 1/3
- 3 enfants ou plus : quotité disponible = 1/4
En l'absence de descendant, le conjoint marié est réservataire à hauteur d'1/4. Sans conjoint ni descendant, la totalité du patrimoine est disponible. Le choix du régime matrimonial influence directement la composition du patrimoine propre et commun, et donc l'assiette de la donation.
Toute donation excédant la quotité disponible expose le donataire à une action en réduction exercée par les héritiers réservataires lors de la succession.
Les différents types de donations
Le droit français distingue plusieurs formes de donations, chacune répondant à des objectifs patrimoniaux distincts.
La donation simple
La donation simple transfère un bien immédiatement et de manière irrévocable au donataire. Elle peut porter sur tout type d'actif et être réalisée par acte notarié ou, pour les biens mobiliers, par don manuel.
Son principal inconvénient réside dans le rapport successoral : au décès du donateur, le bien donné est réévalué à sa valeur au jour du partage (et non à sa valeur au jour de la donation). Si le bien a pris de la valeur, le donataire peut se retrouver redevable d'une soulte envers les autres héritiers, source fréquente de conflits familiaux.
La donation-partage
La donation-partage constitue l'outil de référence pour les patrimoines structurés. Elle permet de répartir tout ou partie de ses biens entre ses héritiers présomptifs en une seule opération, devant notaire.
Son avantage décisif : les biens sont évalués au jour de l'acte et ne font l'objet d'aucun rapport ni réévaluation au décès. La valeur est figée définitivement, ce qui neutralise le risque de plus-value ultérieure et sécurise l'égalité entre héritiers. Pour un patrimoine immobilier en zone de valorisation, cette différence peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros d'écart.
La donation-partage suppose l'intervention d'un notaire et ne peut bénéficier qu'aux héritiers présomptifs (enfants, ou à défaut, héritiers de rang suivant).
La donation graduelle et résiduelle
La donation graduelle impose au premier donataire de conserver le bien et de le transmettre à son décès à un second bénéficiaire désigné par le donateur. La donation résiduelle est plus souple : le premier donataire peut disposer du bien, et seul le reliquat éventuel revient au second bénéficiaire.
Ces formes sont utilisées dans les stratégies de protection du conjoint : le donateur transmet à son époux avec charge de transmettre aux enfants, assurant ainsi un double objectif de protection et de transmission intergénérationnelle.
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Don manuel et présent d'usage : donner sans notaire
Pour faire une donation sans passer par le notaire, deux mécanismes sont mobilisables : le don manuel et le présent d'usage. Leur champ d'application est strictement limité aux biens mobiliers.
Le don manuel : procédure et limites
Le don manuel consiste en la remise matérielle d'un bien mobilier : somme d'argent (virement, chèque, espèces), valeurs mobilières, meubles, bijoux ou objets d'art. Aucun acte notarié n'est requis, ce qui en fait la forme de donation la plus accessible.
La contrepartie est une obligation déclarative. Le donataire doit déclarer le don auprès de l'administration fiscale dans le mois suivant la remise. Depuis le 1er janvier 2026, la télédéclaration est devenue obligatoire via le service en ligne d'impots.gouv.fr (décret n° 2025-1082 du 17 novembre 2025). Le formulaire papier 2735 n'est plus accepté, sauf pour les personnes dans l'impossibilité matérielle d'utiliser le service en ligne.
Le don manuel présente toutefois des limites juridiques significatives :
- Le bien donné est réévalué au décès du donateur pour le calcul du rapport successoral
- Aucune clause de retour conventionnel ne peut être stipulée (contrairement à la donation notariée)
- Aucune clause d'inaliénabilité ne peut protéger le bien
- Le don manuel ne permet pas de prouver facilement la date certaine du transfert en cas de contestation
Le présent d'usage : un cadeau hors fiscalité
Le présent d'usage se distingue du don manuel par son absence totale d'impact fiscal et successoral. Il n'est soumis à aucune déclaration et n'est pas rapporté à la succession.
Deux critères cumulatifs doivent être remplis selon la jurisprudence : le cadeau est remis à l'occasion d'un événement particulier (anniversaire, mariage, diplôme, naissance) et son montant reste proportionné au patrimoine et aux revenus du donateur. Le seuil communément admis se situe autour de 2 à 2.5% du patrimoine ou des revenus annuels, sans que ce chiffre ait valeur légale.
Don familial de sommes d'argent (article 790 G)
Au-delà de l'abattement de droit commun, un abattement spécifique de 31 865 € par bénéficiaire est applicable aux dons de sommes d'argent, renouvelable tous les 15 ans. Ce dispositif suppose que le donateur soit âgé de moins de 80 ans et que le donataire soit majeur (ou émancipé) au jour du don.
Cet abattement est cumulable avec l'abattement en ligne directe de 100 000 €. Concrètement, un parent de moins de 80 ans peut transmettre jusqu'à 131 865 € à chaque enfant majeur en franchise totale de droits, soit 263 730 € pour un couple.
Donation immobilière : spécificités et stratégies
La donation d'un bien immobilier obéit à des règles propres, tant sur le plan formel que fiscal.
Acte notarié obligatoire et frais associés
Toute donation portant sur un bien immobilier requiert impérativement un acte notarié (article 931 du Code civil). Aucune exception n'est admise, quelle que soit la valeur du bien.
Les frais de donation immobilière comprennent les émoluments du notaire (barème proportionnel dégressif), la taxe de publicité foncière de 0.60% et la contribution de sécurité immobilière de 0.10%. Pour une donation immobilière de 300 000 €, le coût notarial total (hors droits de donation) se situe généralement entre 4 000 et 6 000 €.
Rappel : aucune limite d'âge ne s'applique à la donation immobilière. La condition d'âge de 80 ans concerne exclusivement le don familial de sommes d'argent (article 790 G).
Donation en démembrement de propriété
Le démembrement constitue le levier le plus puissant pour réduire la base taxable d'une donation immobilière. Le donateur conserve l'usufruit (droit d'habiter le bien ou d'en percevoir les loyers) et transmet la nue-propriété à ses enfants.
Les droits de donation sont calculés sur la seule valeur de la nue-propriété, déterminée par le barème fiscal de l'article 669 du CGI selon l'âge du donateur :
- 41 à 50 ans : nue-propriété = 40% (usufruit 60%)
- 51 à 60 ans : nue-propriété = 50% (usufruit 50%)
- 61 à 70 ans : nue-propriété = 60% (usufruit 40%)
- 71 à 80 ans : nue-propriété = 70% (usufruit 30%)
- 81 à 90 ans : nue-propriété = 80% (usufruit 20%)
Au décès de l'usufruitier, la pleine propriété se reconstitue automatiquement au profit du nu-propriétaire, sans aucun droit de succession supplémentaire. Le mécanisme d'usufruit et nue-propriété représente ainsi un transfert en deux temps fiscalement optimisé.
Donation de parts de SCI
La détention d'un bien immobilier via une SCI (société civile immobilière) ouvre une alternative à la donation directe. Les parts sociales de SCI bénéficient d'une décote d'illiquidité généralement comprise entre 10 et 15%, réduisant d'autant l'assiette des droits de donation.
Le fractionnement des parts permet de lisser les donations dans le temps en utilisant les abattements renouvelables tous les 15 ans. Pour un patrimoine immobilier conséquent, créer une SCI en amont de la transmission constitue un outil de planification à part entière.
Fiscalité des donations : abattements et barème des droits
Abattements par lien de parenté
Chaque donataire bénéficie d'un abattement personnel, renouvelable tous les 15 ans, dont le montant dépend du lien de parenté avec le donateur :
Ces montants sont gelés jusqu'en 2028 et ne feront l'objet d'aucune revalorisation avant cette échéance.
Barème progressif des droits de donation en ligne directe
Au-delà de l'abattement, la fraction taxable est soumise au barème progressif suivant (applicable entre parents et enfants) :
Pour les transmissions entre personnes sans lien de parenté, le taux atteint 60% après un abattement limité à 1 594 €. Pour plus d'informations, nous vous invitons à vous rendre sur notre page dédiée au calcul des droits de succession selon chaque configuration familiale.
Exonération temporaire pour les dons familiaux logement (2025-2026)
Un dispositif temporaire, en vigueur du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, exonère de droits les dons de sommes d'argent consentis en pleine propriété au sein du cercle familial (enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants), lorsque les sommes sont affectées à l'acquisition d'un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique.
Le plafond est fixé à 100 000 € par donateur et 300 000 € par donataire, tous donateurs confondus. Ce dispositif est cumulable avec les abattements de droit commun, ce qui ouvre une fenêtre d'optimisation significative pour les familles engagées dans un projet immobilier.
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Stratégies d'optimisation patrimoniale
Combiner donation-partage et démembrement
La stratégie la plus structurante pour les patrimoines immobiliers consiste à réaliser une donation-partage portant sur la nue-propriété des biens. Cette combinaison cumule deux avantages : la fixation définitive de la valeur (propre à la donation-partage) et la réduction de la base taxable (propre au démembrement).
Exemple chiffré : un couple de 65 ans souhaite transmettre un bien immobilier d'une valeur de 500 000 € à leurs 2 enfants. En donation-partage avec réserve d'usufruit, la nue-propriété représente 60% de la valeur (barème 61-70 ans), soit 300 000 €. Chaque enfant reçoit 150 000 € de nue-propriété. Après application de l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant (200 000 € par enfant pour le couple), les droits sont calculés sur une base résiduelle de 0 € pour les deux enfants. Le bien de 500 000 € est transmis avec un coût fiscal nul.
Donation et assurance vie : articulation optimale
L'assurance vie constitue un complément naturel à la donation. La clause bénéficiaire d'un contrat d'assurance vie fonctionne hors succession : chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement de 152 500 € sur les capitaux issus de versements effectués avant les 70 ans de l'assuré.
La stratégie optimale consiste à mobiliser les abattements de donation pour transmettre le patrimoine immobilier et professionnel du vivant, tout en réservant l'assurance vie pour la transmission du patrimoine financier au décès. Les deux enveloppes fonctionnent de manière indépendante et leurs abattements respectifs se cumulent intégralement.
Transmission d'entreprise : le pacte Dutreil
Pour les chefs d'entreprise, le pacte Dutreil permet de transmettre les parts ou actions avec une exonération de 75% de leur valeur. Depuis la loi de finances 2026, l'engagement individuel de conservation est porté de 4 à 6 ans (total minimum de 8 ans avec l'engagement collectif de 2 ans). Les actifs non professionnels détenus par la société (véhicules de luxe, résidences d'agrément) sont désormais exclus de l'assiette exonérée.
Peut-on annuler une donation ?
Le principe posé par l'article 894 du Code civil est celui de l'irrévocabilité : une donation ne peut être reprise une fois acceptée par le donataire. Ce principe connaît toutefois des exceptions limitativement énumérées par la loi.
Trois causes légales de révocation sont admises :
- Inexécution des charges : lorsque le donataire ne respecte pas les conditions imposées par le donateur (par exemple, l'obligation d'entretenir le bien). Le délai d'action est de 5 ans
- Ingratitude grave : atteinte à la vie du donateur, sévices, délits ou injures graves. Le délai d'action est de 1 an à compter de la connaissance des faits
- Survenance d'enfant : cette cause ne s'applique plus qu'aux donations entre époux (donation au dernier vivant). Le délai d'action est de 5 ans
Cas particulier : la donation entre époux (donation au dernier vivant) reste librement révocable à tout moment par le donateur, sans justification. Cette spécificité en fait un outil souple de protection du conjoint, dont les effets peuvent être ajustés en fonction de l'évolution de la situation familiale. La question de la succession avec usufruit s'articule directement avec ce mécanisme.
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- L'anticipation est le premier levier d'optimisation. Le renouvellement des abattements tous les 15 ans permet de transmettre des montants considérables en franchise de droits, à condition de commencer suffisamment tôt. Un couple qui initie les donations à 50 ans dispose de deux, voire trois cycles d'abattements avant 80 ans.
- Le démembrement réduit mécaniquement la base taxable. En ne transmettant que la nue-propriété, les droits sont calculés sur une fraction de la valeur du bien. Plus le donateur est jeune, plus la décote est importante.
- La donation-partage sécurise ce que la donation simple ne garantit pas. Figer la valeur au jour de l'acte élimine le risque de rapport réévalué et neutralise les conflits entre héritiers.
- L'exonération temporaire logement (2025-2026) ouvre une fenêtre limitée. Avec un plafond de 100 000 € par donateur cumulable avec les abattements classiques, ce dispositif permet des transmissions exceptionnellement optimisées pour les projets immobiliers familiaux.
- Donation et assurance vie fonctionnent en tandem. Mobiliser les abattements de donation pour l'immobilier et le professionnel, réserver l'assurance vie pour le financier : cette articulation maximise les enveloppes défiscalisées disponibles pour chaque type d'actif.
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Le don manuel permet de transmettre des sommes d'argent, des valeurs mobilières ou des biens meubles directement à ses enfants, sans intervention notariale. La seule obligation est de déclarer le don auprès de l'administration fiscale. Depuis le 1er janvier 2026, cette déclaration se fait exclusivement par voie électronique via impots.gouv.fr. Le notaire reste en revanche obligatoire pour toute donation portant sur un bien immobilier ou prenant la forme d'une donation-partage.
En ligne directe (parent-enfant), chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans en franchise de droits. En y ajoutant le don familial de sommes d'argent (31 865 €, si le donateur a moins de 80 ans), le total atteint 131 865 € par parent et par enfant, soit 263 730 € pour un couple. Les abattements pour les petits-enfants sont de 31 865 € par grand-parent.
La donation simple fait l'objet d'un rapport à la succession : le bien donné est réévalué au jour du décès du donateur, ce qui peut créer des déséquilibres entre héritiers si le bien a pris de la valeur. La donation-partage, au contraire, fige la valeur des biens au jour de l'acte notarié. Elle ne fait l'objet d'aucun rapport ni réévaluation, ce qui sécurise l'égalité entre les héritiers et évite les conflits.
Oui, la déclaration est obligatoire dans tous les cas, même lorsque le don est inférieur aux abattements et n'engendre aucun droit à payer. Depuis le 1er janvier 2026 (décret n° 2025-1082), la déclaration se fait exclusivement en ligne sur impots.gouv.fr, dans l'espace personnel du donataire, rubrique « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux ». Le formulaire papier 2735 est supprimé, sauf pour les personnes justifiant d'une impossibilité matérielle d'accès au service en ligne.
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